lundi 30 avril 2012

Comment analyser une étiquette nutritionnelle ?



Lorsque je présente des conférences ou des ateliers, la question qui brûle sur toutes les lèvres de mes participants met en vedette nulle autre que l'étiquette nutritionnelle. Aujourd'hui, je fais l'exercice de lecture d'étiquette nutritionnelle avec vous ! Plus jamais il ne sera question de vous casser la tête à l'épicerie ;-)

1. Allez au-delà de l'emballage
Vous verrez souvent des "100 calories par portion!" ou encore des "sources de fibres", "léger", "sans sucre" sur les boîtes de produits. Les fabricants ont tous les droits d'afficher de telles allégations sur leur produit, il n'y a pas là de faussetés. Cependant, la plupart du temps, un seul aspect nutritionnel de l'aliment transformé est mis en valeur. On oublie qu'il regorge de sel, ou encore, d'additifs alimentaires. Donc, oui, un premier regard sur la boîte permet d'identifier les atouts d'un produit, mais il faut pousser plus loin votre investigation avant de passer aux conclusions.
La nouveauté d'un produit et ses atouts nutritionnels peuvent être mis en valeur sur un emballage.
Mais ce n'est pas suffisant pour vous convaincre d'en faire l'achat !
2. La liste d'ingrédients révèlera tout !
Si vous manquez de souffle pour lire une liste d'ingrédients, ça en dit long ! Une liste qui s'éternise est souvent signe que le produit est très transformé et donc, qu'il regorge d'additifs (sucre, sel, matières grasses). Ce produit n'est pas à bannir pour autant, mais il faudra le choisir occasionnellement. Des termes comme : huile de palme, palmiste, coco, coprah, shortening ou hydrogéné signifient que le produit renferme des matières grasses peu avantageuses pour votre santé.

Quant au sucre, il possède plusieurs synonymes : sorbitol, glucose-fructose, sirop de riz brun, sirop de canne à sucre, jus de canne à sucre, miel, mélasse... Un peu de sucre n'est pas nocif en soi, mais l'addition de plusieurs sucres-synonymes dans une même liste nous indique que ce produit risque de ressembler à un dessert...

Enfin, des termes difficiles à prononcer laissent croire que le produit ressemble peu à ce qu'on aurait fait chez soi. Avez-vous de la poudre de guanylate disodique dans votre armoire à épices ? 
Une liste d'ingrédients longue ? Ce produit demeure peut-être un choix occasionnel, et non à faire au quotidien.

3. Lecture simplifiée de l'étiquette nutritionnelle
Oubliez les calories. Même si un produit est plus énergétique (calorique) qu'un autre, cela ne veut pas dire qu'il soit mauvais pour autant ! 100 calories qui vous nourrissent et apaisent votre faim sont définitivement mieux que 50 calories qui sont vides et ne vous rassasient pas... Optez donc pour les produits qui contiennent le plus de fibres et de protéines. Les vitamines et minéraux doivent aussi être considérés afin de faire un choix éclairé.

Personnellement, je déteste faire des calculs et perdre du temps dans une allée à l'épicerie ! Je me fie donc au % de valeur quotidienne (il vous indique la proportion approximative de vos besoins quotidiens que vous comblez en consommant la portion de ce produit indiquée sur l'emballage.)

Si le chiffre est sous les 5%, cela veut dire que l'aliment contient PEU de cet élément nutritif.
Si le chiffre est au-delà de 15%, il en contient BEAUCOUP !

Ce produit renferme peu de matières grasses (3% ).
Mais aussi très peu de fibres, de vitamines et de minéraux. 
Comble de votre bonheur : ce truc prévaut pour tous les éléments nutritifs, autant ceux qui sont "positifs" (ex.:fibres, vitamines, minéraux...) que ceux qui le sont un peu moins (ex.: sodium, lipides saturés et trans).

Enfin, il n'y a pas de produit parfait, et l'industrie alimentaire veut sans aucun doute vous faire découvrir des produits qui vous rassureront. Avouez que lorsqu'on lit "source de fibres" ou "riche en oméga-3" sur un emballage, nous croyons fermement qu'il s'agit d'un produit nutritif. Mais ça n'est pas toujours le cas. Quoi qu'il en soit, il existe de très bons produits sur le marché, et il faut les encourager ! N'hésitez pas à faire parvenir vos commentaires à l'industrie, car c'est ainsi que nous les aiderons à améliorer l'offre alimentaire. Je pense qu'un premier pas serait d'influencer positivement les consommateurs en étant transparents avec eux. Par exemple, je n'hésiterais pas à afficher sur l'emballage que "ce produit fait partie d'un mode de vie sain, pour autant qu'il soit consommé occasionnellement." ou encore "pour améliorer votre alimentation, complétez votre collation en ajoutant à ce produit un fruit ou un légume".

 Qu'auriez-vous pu suggérer à Kellogg's, en faisant l'analyse du produit affiché dans ce billet, afin de l'améliorer ?


jeudi 19 avril 2012

De la gastronomie en conserve, c'est possible ?

Manger, c'est pour moi un plaisir. Chaque jour, je me demande: "Qu'ai-je envie de manger aujourd'hui ?" Mais pour d'autres, cette question devient plutôt "Vais-je manger quelque chose aujourd'hui?" Manger ne devrait pas être un privilège: c'est un besoin. Voilà pourquoi j'ai décidé de m'impliquer cette année en tant que juge au Défi des Chefs, une initiative parrainée notamment par Loblaws. Karine Paiement, stagiaire en diététique avec moi durant cette journée, vous livre un aperçu de ce défi et vous explique comment VOUS pourriez également faire une différence dans la vie des gens qui manquent de nourriture. 

Prêts à analyser, dès la première bouchée

On doit manger tout au long de l’année…
Saviez-vous que plus de 148 460 personnes dont 41 258 enfants n’arrivent pas à combler eux-mêmes leurs besoins alimentaires chaque mois et ce, seulement sur l’île de Montréal? Ces chiffres m’ont beaucoup touchée puisque ce sont des dizaines de milliers d’enfants qui risquent d’aller à l’école le ventre vide… Nous avons souvent le réflexe de donner durant le temps des fêtes puisque ce sujet est beaucoup plus médiatisé et que nous sommes davantage sollicités. Cependant, les réserves des banques alimentaires accumulées durant cette période se vident dès que le printemps revient.
Guillaume Cantin s'est inspiré de fraîcheur
et d'une touche acide resplendissante !

Une compétition culinaire "amicale"
Le jury était composé des nutritionnistes Stéphanie Côté et Geneviève Nadeau, Audrey Lavoie, journaliste au journal Métro, ainsi que du chef Thierry Daraize. Les chefs qui ont participé à cette compétition sont Guillaume Cantin, sous-chef au restaurent Les 400 Coups et vainqueur de la compétition Les chefs! à Radio-Canada ainsi que Nick Hodge, chef propriétaire de Kitchenette et Icehouse. Ceux-ci avaient 30 minutes pour préparer un repas incluant cinq aliments en demande dans les banques alimentaires du Québec. Mais attention! Ces cinq produits sont demeurés secret jusqu’au début de la compétition afin d’évaluer la créativité culinaire des deux chefs. Excitant non? 
Des chefs qui travaillent très, très fort

Des aliments mystères, des repas extraordinaires!
Dès le début de la compétition, j’ai senti que les chefs étaient fébriles. On leur avait imposé du maïs en grains, des tomates, des pêches, des pois chiches ainsi que du poulet, le tout, en conserve! Malgré la nature des ingrédients, les chefs ont débuté leur prestation sans tarder et c’est sous le regard attentif des gens présents qu’ils ont élaboré deux mets bien différents. Guillaume Cantin avait préparé une salade de poulet, de pois chiches, de maïs en crème, de tomates et de pêches confites alors que le repas de Nick Hodge était composé d’une croquette de poulet à la pêche accompagné d’une salsa texane. Après une longue délibération, les juges ont déterminé le chef Hodge grand vainqueur pour le goût, la simplicité et l'aspect réconfortant de son repas. 
Le délice du chef Nick Hodge

Aidons les gens dans le besoin !
Un don de 500$ au nom des juges et des chefs participants a été remis à Moisson Montréal à la fin du défi. Mais il ne faut pas s’arrêter là! Je vous invite à effectuer des dons pour aider les banques alimentaires de votre région. Du 19 avril au 5 mai prochain, la campagne « Juste un peu plus, ça aide! » se tiendra dans les Loblaw, les Provigo et les Maxi, vous pouvez donc faire un don en argent à la caisse ou encore offrir des denrées non périssables dans les paniers placés à la sortie des magasins. Les denrées périssables les plus demandés selon Moisson Montréal sont le beurre d’arachide, les noix, la nourriture et les préparations pour bébés, les fruits et les légumes en conserve, le poisson et la viande en conserve, les légumineuses, les pâtes, les sauces, le riz, les céréales et le lait en poudre et en conserve. Merci pour votre générosité !


Des juges aux papilles (difficiles)  rassasiées...